LA PHILOSOPHIE, LA SCIENCE DES SCIENCES ?
L’histoire du rapport entre la philosophie et les sciences a été longtemps imbriquée. Avant la “philosophie des Lumières” c’est la théologie qui “contrôlait” les sciences. Même dans les sociétés dites “primitives” c’est le “sorcier” qui faisait office de penseur, il avait une certaine connaissance des plantes et de la nature, il expliquait cette connaissance à travers une communication avec des “esprits” ou des “dieux” (souvent sous l’effet de potions hallucinogènes et de transes).
Au XVIe siècle est apparu ce que l’on a nommé : “La philosophie des Lumières”. Deux pensées se sont affrontées, l’une basée sur “la philosophie religieuse qui se concentrait sur la piété, la toute-puissance et le mystère de la nature ultime de Dieu” et l’autre “le monde qui était visiblement compréhensible par la raison humaine et que les lois le gouvernant l’étaient tout autant”.
Les procès de Copernic et de Galilée sont une des illustrations du refus de l’église catholique d’accepter ces théories et observations qui contredisaient une certaine lecture de la bible.
“Les Lumières se basent donc sur la croyance en un monde rationnel, ordonné et compréhensible, exigeant de l’homme l’établissement d’une connaissance également rationnelle et organisée. Cela commence par l’idée que les lois gouvernent, aussi bien les cieux, que les affaires humaines et que le pouvoir du Prince émane de la loi et non l’inverse”. (Sources wikipedia)
L'influence de la Philosophie des Lumières va dont libérer les sciences et annoncer des changements politiques …
LA PHILOSOPHIE UNE SCIENCE A PART ENTIÈRE ?
“La figure idéale des Lumières est le philosophe, homme de lettre avec une fonction sociale qui exerce sa raison dans tous les domaines pour guider les consciences, prôner une échelle de valeurs et militer dans les problèmes d’actualité. C’est un intellectuel engagé qui intervient dans la société, un «honnête homme qui agit en tout par raison» (Encyclopédie), «qui s’occupe à démasquer des erreurs » (Diderot), « celui dont la profession est de cultiver sa raison pour ajouter à celle des autres», un défenseur des droits de l’humanité, opposé au despotisme…
Parmi les figures des Lumières à avoir critiqué l’esclavage et la colonisation, on compte, entre autres, Denis Diderot dans le Supplément au voyage de Bougainville, Voltaire dans Candide, mais surtout Guillaume-Thomas Raynal et son Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes, véritable encyclopédie de l’anticolonialisme au XVIIIe siècle auxquels ont collaboré, parmi d’autres, Diderot et d’Holbach”. (Sources wikipedia)
“L’opinion courante affirme une nette distinction entre la science et la philosophie…. En ce sens, la science aurait pour but d’expliquer le monde et d’en résoudre les énigmes pour mieux le maîtriser, tandis que la philosophie serait une réflexion informelle et vague, enrichissante certes mais peu utile, sur le sens de la vie, les relations de l’homme au monde et l’approche de l’absolu. Certains indices viennent néanmoins troubler cette conception courante et assez confortable. En particulier, quelques lignes tirées au hasard d’un manuel de philosophie ou d’un recueil d’histoire de la philosophie mettent en évidence la grande proximité entre scientifiques et philosophes. En premier lieu, certains seraient étonnés d’apprendre que Thalès et Pythagore, connus pour leurs fameux théorèmes de géométrie furent au XVIIIe siècle avant Jésus-Christ parmi les premiers philosophes, que Descartes inventa l’algèbre, que Leibniz découvrit le calcul différentiel et le calcul infinitésimal, ou encore que Russell, au XXe siècle, formalisa la théorie des ensembles. La perplexité de nombreux étudiants de philosophie face à des systèmes complexes, en particulier modernes, tient d’autre part à leur ignorance en matière de sciences : on ne peut comprendre l’esthétique transcendantale de Kant sans connaître la physique Newtonienne, comme on ne peut comprendre les réflexions de Bergson sur l’intuition du temps sans posséder quelques notions sur la relativité d’Einstein”. (Matthieu RAFFRAY)
LA LIMITE DES SCIENCES (dites) EXACTES
Au XXe siècle beaucoup “d’intellectuels” ont pensé que les sciences allaient apporter une solution à toutes nos interrogations et résoudre beaucoup de problèmes dans la société.
Il est vrai que la connaissance de l'univers, la génétique, la synthèse de nouveaux matériaux, les technologies de l'information, la conquête de l'espace… ont fait des bonds prodigieux.
Pourtant le XXe siècle a été un siècle où la barbarie ne c’est jamais déchaînée d’une façon aussi brutale et aussi ignoble. “Le racisme, l'exclusion et certaines idéologies confinant à l'intégrisme frappent encore trop fréquemment à nos portes … les avancés technologiques des pays industrialisés ont plutôt creusé le fossé entre eux et les pays en développement, confrontés à une économie déstabilisé et à une démographie explosive. Les problèmes de l'environnement. Les progrès spectaculaires de la biologie et de la médecine à mesure qu'ils suscitent d'immenses espoirs, soulèvent également de nombreux problèmes d'éthique dans des domaines variés (génétique, transgénèse, clonage mais aussi procréation médicalement assistée)”. (Sciences et valeurs - Vérone, Italie, les 21-24 mai 1998)
LA PHILOSOPHIE AU COEUR D’UNE NOUVELLE APPROCHE
(Science sans conscience n'est que ruine de l'âme” Rabelais).
Toute découverte scientifique n’est ni bonne, ni mauvaise en soi, le problème qui se pose comment va-t-on utiliser cette découverte ?
C’est pour cela que la philosophie doit nous interpeller sur une véritable éthique vis à vis des sciences. Les droits de l’homme sont devenus une valeur universelle. La philosophie doit être demain le creuset d’une réflexion commune entre les hommes de paix.
“Dans un monde à la recherche de ses valeurs, il leur apparaît que le libre et plein exercice de la science, comme la reconnaissance des valeurs qui lui sont propres, ne sont en rien antinomiques de la reconnaissance des valeurs spirituelles, culturelles, philosophiques et religieuses et que, bien au contraire, un dialogue de toutes ces valeurs est à encourager afin de lutter contre toute forme d'idéologie dominante et d'accéder à un meilleur état de tolérance parmi les hommes”. (Conférence mondiale de Budapest)
La bio-éthique est une démarche philosophique sur la “Vie”, dans l'infiniment petit les physiciens s’interrogent ce qui est véritablement matière ou énergie, dans l'infiniement grand dans “les trous noirs” la notion de temps n’aurait plus de sens….
LES TECHNIQUES PROGRESSENT A PAS DE GÉANT, MAIS LES SCIENCES HUMAINES ET LA PHILOSOPHIE RESTENT BIEN TIMIDES DEVANT LE VÉRITABLE ENJEU QUI SONT DEVANT NOUS !…
LA PHILOSOPHIE NE DEVRAIT-ELLE PAS ÊTRE LA SCIENCE DES SCIENCES I…
Dany
pour faire suite à ce texte impliqué de mon ami Dany sur la philosophie, j'aimerais faire une conclusion aussi bien temporelle que géographique. Laisser la Philosophie devenir Souveraine des sciences, la Sciences des sciences.
Peut être, allez vous trouver cette conclusion intuitive ? Ce n'est pas faux, mais aussi voulu !
Au sein des Sciences, nous trouvons la chimie, matière dont l'ancêtre remonte très loin dans le temps : l'Alchimie.
Mais avant toute chose, j'aimerais écarter cette image folle que l'on prête à l'alchimie : faire avec plusieurs matériaux de l'or !!
S'il y a un texte pouvant illustrer au mieux l'alchimie ce sont bien : “Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz”. Ce texte, dont je n'aurais l'audace d'en faire un résumé par peur d'enlever les valeurs premières à tout de même certains aspects que nous pouvons préciser de manière précise :
On y relève particulièrement des aspects alchimiques, théologiques, allégoriques, psychologiques, spiritualistes, numérologiques, hermétistes qui révèlent des connaissances précises d'alchimie chrétienne, de magie, de mathématiques et un intérêt pour la mécanique et la pansophie. (résumé de wikipedia).
Ce texte, finalement n'était que l'ensemble des conditions à satisfaire pour ce présenter lors d'une cérémonie d'un roi et d'une reine, et de leurs devenirs de cette union à leurs morts.
Alors qu'y a-t-il de si précieux dans l'alchimie ? une prise en compte de biens d'éléments oubliés dans la chimie pure et “simple” de nos jours :
La valeur des composants et non pas simplement la valeur du résultat !
Et là, la philosophie avait son rôle propre : elle était la gardienne des valeurs à préserver pour un final tout aussi authentique !
Si j'ai parlé de conclusion géographique, c'est aussi pour rappeler que chaque pays à sa propre alchimie ! Ou pour reprendre le sujet de ce texte “son enveloppe philosophique”.
La science n'a plus, aujourd'hui, aucune philosophie. Aujourd'hui seul le résultat, le but doit être pris en compte!
La science permet l'utilisation d'un moyen pour accéder à un but défini ! La philosophie permet de se poser la question : est ce le bon moyen à utiliser et de façon décente ?
phantom